Alès 2022

Alès 2022

Bonjour à tous,

Les préparatifs hivernaux sur la machine annoncés précédemment ont été réalisés dans l’atelier GODET suivi d’une séance de mesure pour la mise au point, un week-end d’entraînement au VIGEANT pour valider les modifications et une entame de saison 2022 au pôle mécanique d’Alès.

Nous avons attendu d’avoir fait la première course pour évoquer ces trois moments car, selon nous, ils sont indissociables. On trouvait intéressant d’expliquer aux néophytes que le résultat dépend beaucoup du travail réalisé en amont, souvent nous sommes questionnés sur les paddocks mais nous n’avons pas forcément le temps de tout expliquer en détail sur le moment et ça pourrait paraître simple mais non, rien n’est facile, ça demande beaucoup de temps, des engagements financiers importants et surtout de s’entourer de personnes qui partagent la même passion parce qu’un bon résultat ce n’est pas uniquement le pilote ou la passagère mais ce sont aussi des techniciens passionnés, des amis qui nous suivent et partager ces moments avec eux c’est ce qui nous plaît le plus.

Alors revenons sur les travaux effectués cet hiver chez GODET MOTORCYCLES. L’idée était de favoriser le refroidissement du moteur en utilisant la technique éprouvées par les constructeurs autos tels Citroën pour le 2CV, Porsche avec le FLAT6 ou le FLAT2 de chez Panhard (clin d’œil à un ami fan des PANPAN) c’est à dire canaliser l’air sur les cylindres/culasses et l’extraire au plus vite. Nous ne pouvions pas utiliser d’extracteurs d’air, des entrées d’air avec des canalisations ont été réalisées ainsi que des cloisons pour diriger l’air sur des points précis. La vitesse fera augmenter le débit d’air, plus l’air circule vite plus vite l’air chaud est évacuée et plus vite l’air neuf est renouvelé. Un test avec des ventilateurs est concluant. Il faudra attendre les courses d’été pour vérifier le bien fondé de cette modification.

Puis le nouvel allumeur TRISPARK a été installé suivi de deux carburateurs DELLORTO qui sont généralement utilisés sur des GUZZI ou des DUCATI en diamètre 40. En statique nous avons de suite identifié que ces deux modifications seraient bénéfiques. Mais plus que les impressions ce sont les mesures qui font avancer et pour ça il y a un outils génial qui est le banc de mesure de puissance à rouleaux. Notre fournisseur d’essence ETS RACING a un banc quatre roues motrices et il a bien voulu y installer notre side-car. Habitué aux voitures de rallye type WRC autant dire que le banc n’a pas souffert avec le side-car…Une matinée a tester différents gicleurs avec de suite un résultat du mélange air/essence et le bénéfice affiché en terme de couple/puissance. Ensuite à tête reposée on analyse les courbes et on retient le meilleur AFR (air fuel ratio) pour ce moteur. Quel temps précieux de gagné. Même à notre niveau c’est à mon avis une étape incontournable pour régler un moteur et le fiabiliser.

Très impatients de tester in situ les améliorations nous prenons la direction du circuit du Vigeant Val de Vienne pour un week-end d’entraînement au mois de mars. La pluie et le froid sont au rendez-vous et ce n’est pas le plus agréable pour rouler mais une séance sur le sec permit de confirmer les mesures au banc, un moteur avec plus de couple, plus rond, plus agréable et qui ne donne jamais l’impression de forcer. Puis un truc qui peut paraître bizarre de nos jours mais sur une machine ancienne les curseurs sont différents, nous avons un ralentit, ça change carrément la vie car je peux vous dire que la peur de caler était constante et aujourd’hui c’est terminé, prout prout au ralentit. Comme quoi le bonheur tient à un fil ou un câble. Pour le refroidissement on verra plus tard car vu les températures basses je ne prendrais même pas la peine de mesurer en sortie de piste. Nous rentrons sereins et avec pleins d’espoirs pour la première course.

Le juge de paix c’est maintenant, nous voici au pôle mécanique d’Alès pour la première épreuve du championnat de France VMA. Des motos anciennes, des side-cars classiques et une catégorie side-car OPEN qui permet aux nouveaux de mettre un pied à l’étrier. Cette catégorie est prometteuse car il y a de plus en plus de jeunes équipages et ça fait plaisir de voir ces jeunes évoluer au fil des saisons. Le vendredi ce sont les traditionnelles séances d’essais libres qui permettent de découvrir ou redécouvrir cette belle piste au tracé technique où les temps de « repos » sont très courts, c’est dur pour le physique et le gros avantage est qu’on ne reste jamais longtemps à fond et ça c’est bon pour les moteurs.

Essais Alès

Le vent et le froid hivernal nous accompagneront tout le week-end donc les problèmes de chauffe sont écartés. Les séances d’essais libres ont mis en évidence un problème, en effet à la fin de la dernière série j’ai remarqué que la fixation de la culasse avant sur le châssis ne tenait plus. Une patte s’est dessoudée sur le cadre d’un côté et un rotule est cassée de l’autre côté. Il faut envisager ce surcroît de puissance et l’effort à cet endroit n’est plus le même qu’auparavant. Mais de suite il faut réparer si on veut faire la séance des essais chronométrés le lendemain matin. « Maître » Bernard RAGONNET nous apportera l’aide nécessaire et ressoudera la patte sur le cadre.

Soudure Alès

Mais dans la soirée au remontage j’aperçus une fissure sur un des deux tirants qui tient la culasse au cadre. La décision est prise de laisser en l’état. Le lendemain la séance des essais qualificatifs se passent bien jusqu’au moment où je n’ai plus de garde à l’embrayage, c’est à dire plus le possibilité d’embrayer, on ira au terme de cette séance. Diagnostique, un morceau de la rondelle frein de l’écrou central de l’embrayage est cassée, un disque garni et le plateau de pression sont HS. Ce n’est pas trop grave et je remplace les disques par des modèles type origine de NORTON COMMANDO donc faudra pas trop insister sur les phases de départ sous peine de le griller instantanément. Malgré tout le résultat des essais est à notre grande surprise très bon puisque nous obtenons le deuxième temps. Nos amis sont là, Max et Sandrine de TRIMAX MOTO, Bébert et Gazelle (champions de rallye), Claude et son fils Quentin (un champion de rallye aussi), bref que du bonheur d’être avec eux. J’oubliais Dédé et Anne-Marie qui officient au bord de la piste en temps que commissaires, des sidecaristes de rallye aussi. C’est donc très bien supportés que nous nous alignons sur la grille de départ de la première course du week-end.

Bien calé dans la selle du side-car, Marie en appuie sur l’arrière pour charger, les feux rouge s’allument et là on fait le vide. Les feux s’éteignent et on lâche tout, l’embrayage colle sans patiner et gaz à fond. Ça a tenu et le départ est canon, sur presque la moitié de la course nous serons en tête mais derrière il y a Olivier et Grazie avec leur Hurricane BMW et ces deux là sont affûtés, ils ont raté leur départ mais vont remonter et reprendre contact avec l’arrière de notre side-car. Ils sont plus rapide que nous, on ne résistera pas longtemps aux attaques et ils prendront le commandement de la course. Nous avons bien essayé de suivre mais le rythme était trop élevé. Nous franchirons le drapeau à damier à la deuxième place, sans regret car nous avons pris beaucoup de plaisir à rouler avec Olivier et Grazie. Le plaisir est partagé avec nos amis et la soirée consistera à partager un bon repas chez Claude et à réparer le tirant qui a fini par céder. C’est Quentin qui s’y colle, il débute une carrière de serrurier/ferronnier, il a la compétence et le matériel pour faire une réparation dans les règles de l’art. Une bonne table entourée d’amis, rien de tel pour recharger les batteries, merci les amis.

Après une bonne nuit de sommeil, un peu de mécanique pour les contrôles habituels nous avons tous le temps nécessaire pour nous préparer à prendre le départ de la deuxième et dernière course du week-end. Le froid est toujours là et j’avoue que c’est la première fois que nous avons aussi froid avant un départ et même en roulant. On se console en se disant qu’au moins les moteurs apprécient.

On essaye de se mettre dans les mêmes conditions qu’au premier départ, les feux rouges s’éteignent, gaz en grand mais l’embrayage patinent et je dois de suite rendre la main sous peine de rester sur place, trois équipages passent devant, au deuxième virage on passe en deuxième position et au quatrième virage on doublera Olivier et Grazie qui sont partis avec leur beau châssis 16 pouces au lieu du 13 pouces, tout aussi beau, de la première course, les trajectoires des 16 pouces finissent toujours par élargir c’est donc à l’intérieur qu’on passa sans trop de difficulté. Nous garderons la tête jusqu’au bout. Derrière il y a eu explications et la bagarre en 16 pouces a été intenses. En deuxième position c’est Olivier et Grazie et en troisième place on retrouve Christian et Cathy en grande forme.

Au cumul des deux courses nous sommes premiers, Olivier et Grazie seconds et Christian et Cathy sont troisièmes. Nous rentrons à la maison le cœur rempli de joie sur un air de Quincy Jones, Summer in the City, un peu comme sur un nuage…

Avec le recul nous pouvons dire que ce résultat ne s’est pas fait en claquant des doigts, nous invitons ceux qui découvrent notre page à lire les articles antérieurs pour se rendre compte qu’on revient de loin. On espère que c’est le début d’une longue série de bons résultats. Certes il y a encore des choses à fiabiliser mais la base est saine. Déjà des idées d’améliorations pointent leurs nez mais ça se fera au fil du temps. D’abord on va prendre du plaisir à rouler et profiter du beau matériel que nous avons entre les mains. Nous vous donnons rendez-vous à la fin du mois d’avril à Croix en Ternois.

Merci tous ceux qui nous supportent et viennent nous voir sur les circuits.